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IVe tract de La Rose Blanche, 1940.

Hans et Sophie Scholl


Des milliers d’hommes tombent chaque jour en Russie. C’est le temps des moissons, mais le moissonneur s’est fait soldat, et il roule à plein gaz dans les blés mûrs. Le deuil entre dans les chaumières. Il n’est personne pour sécher les pleurs de la mère. Hitler lui a pris ce qu’elle avait de plus cher, il a mené son enfant à une mort absurde, et maintenant il lui ment encore.
Chaque parole qu’Hitler prononce est un mensonge. Quand il dit : paix, il pense : guerre, et s’il cite, en blasphémant, le nom du Tout-Puissant, il ne songe qu’à la force du mal, à l’Ange déchu, à Satan. Sa bouche est la gueule puante de l’enfer, réprouvée est sa puissance.
Il faut bien mener le combat contre l’état de terreur instauré par le National-Socialisme avec des moyens rationnels ; mais celui qui doute encore de l’existence réelle des puissances démoniaques ne peut pas saisir ce qu’a de métaphysique l’arrière-plan de cette guerre. Derrière les réalités temporelles, comme au-delà des constructions de l’esprit, il y a la puissance irrationnelle du mal. Partout et sans cesse, l’homme éprouve, dans sa faiblesse immanente, la tentation de renier sa dignité d’être libre. Partout et dans toutes les époques d’extrême misère, des hommes se sont dressés, saints ou prophètes, qui ont défendu la liberté, rappelé le chemin vers le Dieu unique et exhorté le peuple à revenir de ses erreurs. Certes, l’homme est libre mais, sans le secours du vrai Dieu, il reste impuissant contre le mal,  il est comme un bateau sans gouvernail, abandonné à la tempête. Aussi faible qu’un nouveau-né, aussi fragile qu’un nuage.
Peux-tu, toi qui es chrétien, hésiter encore lorsque la conservation des biens les plus précieux est en cause, te satisfaire d’un jeu d’intrigues, ajourner ta décision avec l’espoir qu’un autre prenne les armes pour te défendre ? Dieu ne t’a-t-il pas donné la force et le courage de combattre ? Nous devons attaquer l’esprit mauvais où il est le plus néfaste ; c'est-à-dire aujourd’hui, dans la force de Hitler.